Cimetière de rêves, cimetières de larmes en Méditerranée

Billes plates en verre sur plexiglas, dimensions variables, 2019
Je suis partie d’une émotion : la tristesse. À quoi me sert ma tristesse ? Elle me permet de me reconnecter à mon humanité. Elle me montre que je ne peux rien, elle me montre combien je suis dépassée. Et en tant qu’humain, je n’y peux plus rien. Les larmes montent face à mon impuissance. Impuissante devant la mort d’enfants en Méditerranée. Ce fait divers, rapporté en 2018, me glace. Le corps d’un enfant retrouvé dans la mer, dans son manteau sont cousus ses bulletins de notes. Promesse d’un avenir, l’école tout d’un coup revêt tout son caractère sacré. Étudier pour s’en sortir, s’assurer d’un avenir et réaliser ses rêves. Quels sont les rêves d’un enfant à cet âge, jouer, s’amuser, … Ce sont des rêves d’innocents que j’ai matérialisé dans cette pièce en assemblant des billes plates en verre qui rappellent les larmes. On les place d’ailleurs dans des aquariums, qui ne sont qu’un piège pour poisson d’appartement, des limites à ne pas dépasser, une frontière infranchissable qui devient un tombeau au fond de l’océan.